Hypnose et Préparation Mentale dans le Sport

Le sport est le domaine de l’excellence. Le domaine de l’exigence et du résultat. Qu’importe le niveau de pratique, à chacun son Everest. Et à chacun ses JO. Pour certains, la compétition commence avec eux-mêmes lorsqu’il faut continuer à s’entraîner après une Olympiade.

Pour d’autres, cela commence au moment d’affronter l’hiver et sa grisaille en comptant sur une motivation incertaine pour continuer à courir deux fois par semaine, bien qu’il fasse froid. Qu’importe. La réalité n’est-elle pas qu’une question de point de vue ?

Notre tête, notre mental, nous appartiennent. Même s’ils ne vont pas toujours dans la direction voulue, même s’ils savent parfois être faibles quand on les aimerait forts… ils sont à nous. Individuellement.

Alors il faut utiliser différents outils pour l’accompagnement de sportifs, dont l’hypnose moderne. C’est fabuleux et immensément grand. Mais aujourd’hui le système n’est pas encore fait pour enseigner et mettre toute l’organisation en place envers les sportifs, les parents qui ont envie que leur adolescent n’ait plus peur de la compétition, la championne olympique qui veut réussir à porter la médaille et le poids des responsabilités qui vont avec… Le système divise le corps et l’esprit, entretient cet état de fait, et n’enseigne pas comment s’occuper soi-même de son mental.

Alors que le premier spécialiste de son mental devrait être le sportif lui-même.

Le métier d’entraîneur, nous amène à chercher constamment la performance dans l’encadrement des athlètes. Pour ce faire, nous essayons d’accompagner au mieux les sportifs afin qu’ils puissent progresser dans chaque domaine dont, bien évidemment, le mental.

Malgré tout, il n’est pas rare encore que l’on explique la réussite d’un(e) sportif(ve) par l’unique champ de l’entraînement technique en y incluant les heures de répétitions, l’acharnement dont l’athlète a pu faire preuve pour obtenir le geste juste, voire parfait… Il me semble pourtant difficile de dissocier le mental de cet entraînement spécifique.

Nous oublions parfois une chose essentielle : le talent n’est que la face visible de l’iceberg. La volonté, la détermination, le courage, l’abnégation et de multiples autres qualités encore sont plutôt la face cachée, non seulement de l’iceberg mais surtout de l’athlète.

Un sportif est régulièrement jugé sur son mental. Pourtant, son entraînement quotidien porte presque exclusivement sur les parties physiques et techniques liées à sa discipline. Il est généralement entouré de préparateurs physiques, de nutritionnistes, suivi par des kinésithérapeutes et des ostéopathes… mais combien d’entre eux disposent d’un préparateur mental ?

Pourtant, quiconque s’intéresse un tant soit peu au domaine sportif devine que le mental est un élément déterminant, que ce soit pour un amateur ou dans la carrière d’un professionnel.

Un sportif de haut niveau désire exploiter à 100 % ses possibilités ? Il va devoir enchaîner les compétitions, gérer la pression, la fatigue, son entourage, et parfois les médias. Pour lui, savoir récupérer rapidement ou se relever après un échec sera l’une des clés de sa réussite. Combien de sportifs brillent à l’entraînement, mais s’écroulent lors d’une échéance importante ? Combien de sportifs sont annoncés avec un grand potentiel, mais souffrent d’un manque de constance ?

L’une de ces idées est que le mental ne se travaille pas: il s’agirait d’une qualité innée. On serait ou non doué mentalement. Un sportif ne donne pas le meilleur de lui-même ? La sentence tombe, souvent définitive : il n’a pas de mental. On n’y fera rien. Une autre idée étrange, mais très répandue, est que le mental va finir par se développer tout seul avec l’expérience, la répétition, par un travail acharné. 

Si une personne manque de mental, c’est donc qu’elle ne se donne pas assez. La volonté lui fait sans doute défaut : c’est le serpent qui se mord la queue

Il n’y a pas de personnes qui disposent d’un bon ou d’un mauvais mental. Il existe cependant des individus qui savent comment influencer leurs fonctionnements inconscients.Ils savent comment ils apprennentsemotivent ou encore dépassent les difficultés rencontrées. Ils ont pris le temps de se connaître et disposent d’outils pour entraîner et développer les capacités qui comptent dans leur discipline.

C’est la connaissance de soi qui est la clé, et non un trait de caractère inné.

Pendant longtemps, notre cerveau a été décrit comme un organe réactif, attendant d’être stimulé pour travailler. Chaque répétition d’une action, d’une séquence ou d’un geste, amène alors le cerveau à corriger ses apprentissages précédents.

Mais aujourd’hui, de nombreux neuroscientifiques avancent l’idée que le cerveau est plutôt un système prédictif: en fonction de ses apprentissages passés, il émet des hypothèses qui vont influencer les réactions présentes. 

Ainsi, ce que je ressens à chaque instant n’est pas seulement lié à ce que mes sens enregistrent, mais à ce que mon cerveau avait prévu de me faire ressentir ! Ces prédictions semblent prendre une place considérable et agissent sur notre jugement et notre compréhension.

En termes simples : ce que je crois – souvent sans en avoir conscience – prend le pas sur ce que je vois et ce que je ressens.J’ai éprouvé du stress lors d’une compétition ? Mon cerveau, prédisant que cela va se renouveler, me crée cette sensation même si tout semble bien se passer. La réaction n’est donc pas logique, mais automatique. Ce genre d’apprentissage influe sur notre mental, sculpte notre vision du monde. Sans moyen d’accéder à ce qui est codé en nous.

Nous pouvons être que des spectateurs passifs de nos réactions.C’est sans doute ce qui donne cette impression d’impuissance face au mental,

Ce qu’il nous faut, c’est donc un outil permettant d’interagir avec nos programmes inconscients et les influencer :

L’Hypnose et l’autohypnose. Dans le domaine du sport, peu de professionnels ont le recul et la compétence pour proposer une telle méthode. Et encore moins dans le sport collectif, pour accompagner les sportifs en groupe mais aussi dans leur individualité à la découverte de leurs possibilités inconscientes. 

Non pas en forçant, non pas en déformant ceux qu’ils accompagnent, mais en les aidant à se trouver, en étant un révélateur de leur excellence intérieure. Il synthétisent ici leur expérience avec un grand souci du détail et des mots simples, pragmatiques et accessibles.

La visualisation hypnotique du sportif Dans le sport, depuis bien longtemps, on s’intéresse à la visualisation. Depuis Jean-Claude Killy, triple champion olympique à Grenoble en 1968, on a notamment considéré le rapport de précision qu’il y a entre une tâche imaginée, visualisée, et son exécution.

EXECUTION: Pour rappel, en fermant les yeux et en visualisant son parcours, Killy savait annoncer son temps avant de s’élancer.

Robert Dilts8, dans son ouvrage Être Coach9,évoque différents exemples illustrant la façon dont la visualisation incorporée à l’entraînement physique améliore les performances physiques. L’une des études pouvant retenir notre attention concerne des gymnastes divisés en deux groupes sur le point d’apprendre un nouveau mouvement. 

On a demandé aux membres du premier groupe de se visualiser en train de faire le mouvement, tandis que ceux du deuxième groupe n’ont pas eu d’instruction. 

Deux semaines plus tard, au moment venu de passer à l’action en exécutant le mouvement, et sans le bénéfice d’aucune pratique physique antérieure, le groupe qui avait effectué la visualisation obtient de 50 % à 60 % de succès, tandis que le groupe qui n’avait pas visualisé n’a seulement que 10 % de réussite.

Il existe de nombreux autres cas expérimentaux. Avec des haltérophiles travaillant la prise de force, ou sur des habiletés fermées, du type lancer franc au basket-ball… toutes

Prendre conscience de la manière dont on se projette mentalement peut devenir un atout majeur dans le conditionnement du sportif. Le lien entre l’imaginaire et la performance apparaît comme l’un des premiers schémas d’action motrice envisagés par le cerveau.

Aujourd’hui nous allons essayer de le développer dans le Handball. Soyons fous et allons où on ne nous attends pas.

KENA